1. Immobilier
  2. Actualités immobilières à BLAGNAC
  3. "C'est vite non rentable de travailler à ce prix-là": avec la flambée du gasoil, les professionnels de l'habitat et du bâtiment craignent pour la reprise

"C'est vite non rentable de travailler à ce prix-là": avec la flambée du gasoil, les professionnels de l'habitat et du bâtiment craignent pour la reprise

Publié le 03/04/2026
Pour les artisans du bâtiment, le premier impact de cette guerre est l'augmentation des prix des carburants, et particulièrement du gazole non routier (GNR) utilisé dans les engins de chantier, mais aussi une inflation "allant de 2,5 à 20%" sur certains matériaux liés au pétrole, y compris du bois "contenant de la colle et des liants".
 

Le secteur du bâtiment commence à ressentir les effets du blocage des marchés lié à la guerre au Moyen-Orient, laissant planer le spectre d'une nouvelle crise de la construction de logements. Le premier impact, pour les artisans du bâtiment, est l'augmentation des prix des carburants et particulièrement du gazole non routier (GNR) utilisé dans les engins de chantier.

"Nos artisans sélectionnent leurs chantiers, réfléchissent à leurs déplacements, font du covoiturage. Le gazole non routier a doublé, c'est vite non rentable de travailler à ce prix-là sur des chantiers avec des devis signés aux prix d'avant", détaille Jean-Christophe Repon, président du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb.

Selon un sondage auprès de 2.600 adhérents de la Capeb, publié vendredi, 56% des artisans connaissent un impact de la hausse du GNR et 65% ont reçu des avis ou courriers de leurs fournisseurs concernant des hausses des tarifs des matériaux.

 

"On a la sensation de hausses de prix injustifiées"

Laurent Beaugiraud, nouveau président du Pôle habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB), constate lui aussi que des fournisseurs de matériaux commencent à négocier la hausse de leurs prix. Elles concernent principalement les produits bitumineux, les polystyrènes et autres dérivés du pétrole, ainsi que le cuivre, l'aluminium et tous les matériaux à la fabrication énergivore, a détaillé Christophe Boucaux, délégué général de cette fédération de promoteurs et de constructeurs immobiliers, lors d'une conférence de presse jeudi.

Selon les remontées de la Capeb, les hausses de tarifs des matériaux "se situent généralement entre +2,5% et +20%", mais concernent aussi des matériaux peu liés au pétrole, comme le bois. "Il y a parfois de la colle et des liants, donc dérivés du pétrole, dans le bois, mais c'est quand même troublant", souligne Jean-Christophe Repon.

"On a la sensation de hausses de prix injustifiées et on voit des mesures d'accompagnement pour les pêcheurs, les agriculteurs, mais rien pour les chantiers", déplore-t-il.

Pour lui, "c'est la crise de trop" dans un secteur déjà déprimé depuis trois ans et bloqué en début d'année par les nombreuses intempéries survenues en France. Face à "des témoignages sensibles", une "résignation et une détresse" exprimées par des adhérents, il lance une cellule de crise sur la santé mentale.

 

Le pôle habitat de la FFB craint aussi pour la reprise de la construction de logements, qui s'était "confirmée sur janvier et février, mais on ne connaît pas encore l'impact de la guerre", a souligné Laurent Beaugiraud. En cas d'inflation, le risque est une nouvelle hausse des taux d'intérêt, qui réduirait encore le pouvoir d'achat des ménages.

 

Suivez l’actualité immobilière et rejoignez-nous